Coaching d’orientation scolaire
Coaching d’orientation scolaire : un article intéressant paru dans US MAGAZINE (l’hebdomadaire du syndicat national des enseignants du second degré) - Supplément au no 651 du 28 avril 2007 page 28
LA PRATIQUE DU COACHING est née dans le milieu du sport dans un contexte où la préparation mentale des futurs champions apparaît comme ne pouvant plus être laissée au hasard. En quoi l’École est-elle concernée ?
POURQUOI LES COACHS ?
Il s’est imposé progressivement à toutes les autres sphères de l’activité humaine, car non seulement notre devenir est de plus en plus marqué par l’inquiétude, la précarité, l’imprévisibilité, mais il nous est demandé de prendre les bonnes décisions, de nous montrer à la hauteur tant dans notre vie personnelle que professionnelle. Le modèle néolibéral qui grignote petit à petit tous nos modes de pensée, de relation aux autres et à nous-mêmes, fait peser sur les individus libres, éclairés et responsables que nous sommes censés être, l’entière responsabilité de leurs choix. Cet individualisme poussé à l’extrême, cette concurrence pour être le meilleur, exclut bien évidemment le recours à la solidarité, au collectif pour réagir face aux imprévus, aux difficultés, aux décisions à prendre.
Vers qui se tourner alors ? Le coach va remplir ce rôle de conseiller personnel neutre et bienveillant répondant au besoin de réassurance, de guidance, permettant de mieux lire en soi et d’user d’atouts supplémentaires dans la compétition scolaire et professionnelle.
Le champ de l’éducation Lorsque les parents sont débordés par l’éducation de leurs ados, confrontés à des problèmes d’échec scolaire ou de choix d’orientation, ils sont des cibles toutes désignées pour les coachs ; d’autant que la pression sociale à la réussite scolaire ne cesse de croître et de générer de l’angoisse.
L’étude de Dominique Glasman sur le travail à la maison montre que la plupart des élèves estiment qu’ils ont besoin de l’aide d’une tierce personne pour faire leurs devoirs. Mais l’Ecole se montre trop souvent défaillante pour aider les élèves à surmonter leurs difficultés. Les causes en sont multiples mais ceci laisse les parents désarmés.
En prenant en charge les enfants, le coach rassure toute la famille…
J.-P. Riant, de l’Institut européen de coaching de l’étudiant définit le rôle des coachs de la manière suivante : « Nous ne nous penchons pas sur les causes des problèmes mais nous amenons l’adolescent à se concentrer sur la manière de réaliser les buts qu’il s’est fixés, que ce soit le passage dans la classe supérieure, l’obtention de la moyenne dans une classe particulière, ou l’entrée dans une grande école. En cela, nous nous rapprochons des thérapies comportementales »(1).
On le voit, les objectifs poursuivis semblent limités et ponctuels. Le coaching s’offre donc comme une réponse individualisée à la recherche de la meilleure réussite scolaire possible pour qui s’alarme des risques d’échec et/ou considère les autres comme des obstacles potentiels dans la course vers le diplôme et l’insertion. Cette conception de l’aide personnalisée ne peut manquer d’avoir des retombées sur l’École. Elle porte en germe plusieurs conflits dans lesquels vont se trouver placés les personnels. Conflit de valeur entre une logique d’aide individualiste et payante dans une concurrence scolaire exacerbée, et une logique de service public gratuit et ouvert à tous visant le développement maximal de chacun et la réussite de tous. Conflit de légitimité entre les personnels dont la mission est de conduire tous les élèves à s’approprier les savoirs et à élaborer des parcours de réussite, et des coachs pouvant contester le bien-fondé d’activités ne répondant pas aux besoins exclusifs de leur « client ». Mais elle interroge aussi sur la nature des personnes que l’on dépendants de l’avis d’experts pour conduire leur vie, recherchant des stratégies personnelles pour être les meilleurs dans la course scolaire et professionnelle, pour rester flexible quel que soit le contexte ou des sujets autonomes attentifs aux autres, dotés d’esprit critique et partageant des valeurs de solidarité et d’entraide avec leurs pairs. Avec l’irruption du coaching sur la scène scolaire, n’est-ce pas la capacité de la personne à se construire et à se déterminer qui sera atteinte ?
S. Nony, C. Remermier
(1) Le Monde de l’Éducation, février 2006 « Coaching : une aide non sans danger ».
QUI SONT LES COACHS ?
Même si la profession tend à se structurer, il n’y a pas de reconnaissance officielle du métier. N’importe qui peut ouvrir un cabinet de coaching. À l’origine, les coachs étaient principalement issus du monde de l’entreprise. « Des hommes d’affaires qui se sont tirés d’affaire » en quelque sorte(1). Une enquête de 2004 faisait apparaître que la moitié des coachs provenaient des écoles de commerce ou d’ingénieurs. Aujourd’hui, dans le domaine du coaching pour l’orientation notamment, plusieurs cabinets mettent
en avant la formation de psychologue de leurs coachs.
QUI SONT LES COACHS ?
Dans l’entreprise il y a à la fois des démarches individuelles et des demandes d’entreprises. Les salariés, plutôt des cadres, y voient un instrument de gestion de leur carrière, de bilan personnel. Mais les entreprises recourent également au coaching pour les salariés dans le but de faire évoluer leurs pratiques ou pour accompagner un licenciement. Dans le domaine de l’éducation, les familles inquiètes pour l’avenir de leurs enfants et insatisfaites des délais d’attente ou des réponses du service public y font appel.
Dans le domaine de l’orientation, ces cabinets privés mettent en avant l’entretien personnalisé, les questionnaires d’intérêts ou les tests. Les plus connus soulignent même le recours à des psychologues, titulaires d’un bac + 5 en psychologie, comme un argument de sérieux et de compétence et le monnaient cher !
COMBIEN CA COÛTE ?
Dans le domaine du coaching scolaire les tarifs vont de 200 euros pour la remotivation à 500 euros pour la gestion du stress.
Dans le domaine de l’orientation tout dépend de la prestation fournie. Pour un entretien de 30 minutes par exemple le tarif oscillera entre 105 et 150 euros.
Trois séances (entretien, test, questionnaire) sont facturées 420 euros. D’autres encore proposent un accompagnement par mail ou téléphone (3 fois 20 minutes) pour 200 euros environ. D. Coulon